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Le recrutement en finance, comptabilité, juridique et ressources humaines vu par Robert Half International

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Fabrice Coudray

Peut-on raisonnablement envisager de travailler à l'international lorsque l'on travaille dans des fonctions juridiques, dans la finance ou encore dans les ressources humaines ? La question est posée à Monsieur Fabrice Coudray, Director de Robert Half International France


Cadrexport : Du fait de l'internationalisation (croissante) des entreprises, la notion de « travail à l'international » évolue et englobe de plus en plus de fonctions. Il y a encore une bonne dizaine d'années, elle concernait principalement les commerciaux et les ingénieurs. Aujourd'hui les candidats qui souhaitent partir travailler à l'étranger, sont aussi dans la finance, le juridique ou encore les ressources humaines. Quelle est votre expertise sur ce type de postes ?


Fabrice Coudray : Nous avons effectivement développé une expertise dans les fonctions support, c'est à dire dans les directions financières, administratives et comptables d'entreprises de toute taille et de tout secteur d’activité. Nous avons une relativement bonne position dans les fonctions RH, juridiques et fiscales, en entreprises toujours. Nos clients sont des banques, des compagnies d'assurance, des mutuelles… pour lesquelles nous recrutons pour tout type de fonction, dont les fonctions support. La banque d'investissement mise à part, notre marché est donc plutôt national. Mon rôle est de superviser le recrutement permanent pour la France (autrement dit, la « chasse de tête ») et le management de transition. Le management de transition est un observatoire assez privilégié de la demande de nos clients en matière de mobilité d'une part et d'autre part, le réseau Robert Half est un réseau mondial (plus de 350 bureaux dans le monde entier). Notre présence est sur l'Europe bien sûr, mais aussi sur tous les grands pays « industrialisés », si je puis dire. Les attentes de nos clients nous permettent d'avoir une vision assez intéressante du recrutement des cadres (expérimentés ou non-expérimentés) à l'international. Il est exact que le monde n'a quasiment plus de frontière... De moins en moins d'entreprises s'intéressent au marché local uniquement. La plupart se voit proposer une zone de chalandise qui est mondiale. Inévitablement, l'entreprise a alors besoin d'avoir en back office, des profils capables de l'accompagner. Certes, il y a toujours des commerciaux et il est toujours question d'export mais la finance se traite aussi d'un point de vue international, comme la gestion de la trésorerie par exemple ou l’établissement des comptes. Les systèmes d'information sont également internationalisés, les fonctions RH sont ou vont être globalisées… etc. Pendant longtemps, lorsqu'un groupe fonctionnait dans plusieurs pays, chaque filiale fonctionnait indépendamment, les comptes n'étaient pas consolidés, l'information ou la gestion des ressources humaines ne l'étaient pas plus. Aujourd'hui, nos clients nous demandent des responsables des ressources humaines de groupe avec un périmètre européen ou mondial. C'est la même chose pour les directeurs administratifs et financiers qui ont des périmètres élargis. Ils disposent de relais techniques bien sûr, car personne ne peut connaître la question fiscale dans chaque pays. Mais ces directeurs administratifs et financiers ont à la fois un rôle de coordinateur, de sentinelle et de fédérateur. Alors les candidats français peuvent-ils avoir ces rôles ? La France a longtemps été un parent pauvre des profils internationaux car le niveau linguistique est resté longtemps insuffisant. Par chance, toutes nos grandes écoles ont pris les choses en main et le niveau comme les cursus, sont aujourd'hui très internationaux. En particulier grâce aux stages. De plus, les Français sont restés longtemps assez casaniers. Mais aujourd'hui, les jeunes générations affichent sans hésitation des ambitions internationales. Leur « terrain de jeu » est grand comme le monde... Dans 75 à 80% des cas, ils sont prêts à bouger. Je recevais il y a quelques temps, un candidat senior de 51 ans qui a réalisé toute sa carrière à l'étranger dans de très grands groupes. Ses quatre enfants ont passé leur bac dans des lycées français et ont un bagage culturel et linguistique extraordinaire. Aujourd'hui, les entreprises sont très friandes de ces profils. Elles sont demandeuses de candidats dotés d'une grande humilité, d'une vision globale et d'une pertinence de jugement. Si bien qu'aujourd'hui, l’adaptabilité des cadres français est bien meilleure. L'approche des jeunes est différente : ils sont impliqués et souhaitent réellement vivre dans un autre pays.

Cadrexport : Quel est votre constat concernant le niveau linguistique des candidats ? Ont-ils un bon niveau d'anglais par exemple ?

Fabrice Coudray : Le niveau linguistique s'est considérablement amélioré. Les jeunes diplômés envisagent d'être au moins bilingues. Nous avons encore du retard dans certaines filières. En comptabilité classique par exemple, où les UV d'anglais sont obligatoires depuis deux ans seulement … Les entreprises privilégient (même pour ce qui concerne le recrutement à l'international basé en France) des candidats qui ont ces qualités linguistiques. Le bénéfice de cette exposition à l'international est une plus grande ouverture d'esprit et un comportement différent.

Cadrexport : Dans le cas d'un recrutement à l'international basé en France, quelle est la probabilité pour les candidats de réussir à partir à l'étranger ?

Fabrice Coudray : Si les candidats émettent le vœu de partir à la fin de leur cursus universitaire ou grande école, leurs chances sont de cent pour cent ! Si par contre, il est question d'être engagé dans une entreprise dans l'espoir de partir un jour, la question est plus complexe. Il m'est difficile d'y répondre. Certaines voies et cursus sont tout établis dans certains grands groupes et les jeunes passent systématiquement par un séjour à l'étranger. Ces groupes sont très prévisibles dans leur façon de faire. Pour d'autres par contre, il est plus difficile de prévoir. Il peut y avoir un certain décalage entre les profils sélectionnés par les entreprises et la façon dont elles les exploitent : pas toujours à la hauteur de ce qu'elles pourraient. Le questionnement du candidat potentiel peut être au moment du recrutement, de demander à l'entreprise : « Combien de jeunes (et moins jeunes) cadres avez-vous en poste à l'étranger ? ». Il faut aussi noter que le statut d'expatrié existe de moins en moins. Le coût de l'expatriation est tel pour les entreprises qu'elles tentent de limiter ce type de contrat.

Cadrexport : Quelles sont les zones géographiques dans lesquelles les demandes sont les plus importantes, à votre connaissance ?


Fabrice Coudray : L'Asie du Sud Est et l'Amérique du Sud où la croissance est forte. Chili, Argentine et Brésil sont des pays très séduisants pour une tranche de carrière à l'étranger. Nous sommes également présents à Dubaï et dans les Emirats Arabes Unis où le marché est très porteur.

Cadrexport : Nous avons dans ces zones géographiques, des demandes de candidats dans les ressources humaines notamment ...

Fabrice Coudray
 : Pour ce qui nous concerne, les postes dans les ressources humaines ne sont pas des postes de débutants. Ce sont des postes très, très confirmés et … les candidats sont très difficiles à trouver ! Nous en avons peu en France. Ils sont plus nombreux en Belgique, par exemple, à avoir travaillé dans un contexte multilingue et sur un périmètre élargi ou mondial. Même chose pour les juristes. Il faut maîtriser parfaitement la langue anglaise et avoir un double cursus. Il s'agit de juristes ayant suivi un cursus aux Etats-Unis et en Europe, en France et en Angleterre, en Allemagne et en France … Un Français ne pourra pas travailler à Londres s'il n'a pas la connaissance du droit anglais !

Cadrexport : Et pour ce qui concerne les postes dans la finance ?

Fabrice Coudray : Dans la finance, il y a eu une révolution qui a été l'instauration des normes internationales comptables. Aujourd'hui la lecture des comptes est uniformisée, ce qui est plutôt une bonne nouvelle. Le cursus d'expertise comptable est franco-français. Les directeurs administratifs et financiers vont donc suivre un parcours « classique » d'exposition à l'international, de mobilité et élargir leurs compétences en ayant sous leur responsabilité un, deux ou trois pays ...

Cadrexport : Et pour ce qui concerne les cadres « moins jeunes » ?

Fabrice Coudray
 : Tous nos postes à l'étranger sont des postes confirmés et nos cadres expérimentés ont un capital humain formidable. Les moyens de communication aujourd'hui sont tels qu'ils leur laissent la latitude de vivre (à peu près) où ils le souhaitent tout en travaillant au loin. Le coût des transports aériens a considérablement diminué. Certaines entreprises sont prêtes à  contribuer à ce coût, d'ailleurs. Même si elles sont très importantes, il n'y a pas que des contraintes dans le travail à l'international...

Interview réalisée par Diane Pinelli, le 30 septembre 2011

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 A propos du groupe Robert Half :
▪ Fondé en 1948,
▪ Leader mondial du recrutement temporaire et permanent spécialisé,
▪ Coté à la Bourse de New York,
▪ Implanté en France depuis 1989,
▪ Intervient sur tous les métiers de la finance, de la comptabilité, de la banque, de l’assurance, du juridique et fiscal ainsi que de l’assistanat et du secrétariat,
▪ Présent à Paris, La Défense, Versailles, Saint-Denis, Massy, Lyon, Nantes, Lille et Aix-en-Provence,
▪ Compte plus de 350 bureaux dans le monde (Etats-Unis, Canada, Europe, Australie, Asie, Nouvelle-Zélande)

Robert Half a été élue « Entreprise où il fait bon travailler, 2011 »

Son site Internet : www.roberthalf.fr
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