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Pourquoi faire un bilan de compétences ?

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JO Meyer

Vous y songez pour changer de poste, pour retrouver un emploi, pour progresser dans votre vie professionnelle ou encore pour faire le point ? Le bilan de compétences peut répondre à chacune de ces attentes. C'est ce que nous explique Olivier Meyer, coach, et consultant en pratiques et stratégies professionnelles.

Cadrexport : Un bilan de compétences permet-il réellement de valoriser un parcours ?

O. Meyer : C'est sa raison d'être ! Faire un bilan, c'est se donner du temps pour faire le point et mieux se connaître. C'est une démarche personnelle, volontaire et confidentielle. Même lorsque la demande émane de l’employeur, il n'est possible de faire un bilan que si la personne en question s’y prête. Ce qui en ressort appartient également à celui ou celle qui fait ce bilan et ce qui est communiqué à l'entreprise se transmet avec son accord. Le bilan répond aux questions : qui est-on ? Et qu'a-t-on fait, professionnellement parlant ? Aujourd'hui, les parcours sont chaotiques, de plus en plus composites et la personnalité professionnelle de plus en plus complexe. Le bilan sert à éclaircir tout cela. C'est un outil. C’est comme une photo, un instantané qui permet de cerner ses propres savoirs,  savoir-faire, et savoir-être – professionnels bien sûr, mais aussi personnels, associatifs ou autres... Ces compétences, qui ne sont pas toujours conscientes, sont pourtant transposables à d'autres domaines. Il s’agit de faire le tour de nos potentialités. Ces investigations peuvent déboucher sur de nouvelles orientations, donner des idées de projet. Le bilan est donc un stimulant créatif, d'où son intérêt… Son enjeu est de clarifier des objectifs de carrière. Mais ce que je trouve intéressant par-dessus tout, dans le bilan de compétences, c’est qu’il est souvent la première étape d’une réflexion sur soi-même, d’un  travail sur soi...

Cadrexport : C'est difficile ce regard sur soi ?

O. Meyer : Pour certaines personnes, ce n'est pas simple, mais le bilan se fait dans un cadre très normé, ce qui rend les choses très confortables. Ensuite le fait d'être demandeur facilite les choses. Enfin le travail de « l'accompagnant », consultant ou coach, est de permettre de dépasser tout ça.

Cadrexport : Alors un bilan, ça se passe comment et qu'est-ce qui se passe ?


O. Meyer : Il y a différentes modalités mais les objectifs sont toujours les mêmes. À l’issue du bilan, on aura identifié les principales compétences professionnelles et personnelles susceptibles d'être investies sur le plan professionnel. On aura défini ou validé un véritable projet professionnel. Pour cela, il y a une phase d'investigation dans laquelle on repère des compétences acquises. On repère également les niveaux de satisfaction ou d'insatisfaction. On élabore la liste de ses compétences. Il y a aussi l'investigation de la connaissance de soi qui peut se faire avec des tests de personnalité – MBTI ou autres, à partir d’entretiens ou de tests. À l'aide aussi, parfois, de questionnaires qui sollicitent l'entourage de la personne, en particulier les gens en qui vous avez confiance, et qui vous connaissent dans votre environnement de travail. Après cette phase d'enquête, il est possible d'en venir à la construction du projet professionnel. Et pourquoi pas, envisager un autre métier ou un autre secteur. Le bilan de compétences permet de laisser s’exprimer ses rêves, de se projeter dans l’avenir. Mais bien entendu, il faut se confronter à la réalité : le rêve est-il réalisable ? A ce moment là, la personne doit aller à la pêche aux informations, et se livrer à un travail d’enquête auprès de professionnels. Le coach est là pour l’aider, par ses questionnements, mais aussi par sa connaissance du marché du travail. Il pourra l’aider à cerner un besoin de formation, pour atteindre ses objectifs. Il y aura également un travail sur la présentation de soi, sur le CV, etc. A la fin de chaque bilan, il y a une synthèse, rédigée avec le consultant. Ce bilan précise les éléments sur lesquels on débouche.

Cadrexport : Combien de temps faut-il prévoir pour faire un bilan ?

O. Meyer : Il y a un financement, une aide prévue sur un bilan de 24h.  Si vous êtes au chômage par exemple, c'est ce qui vous sera proposé. Si vous êtes en poste, un bilan peut être financé sur cette base. Avec un coach, les bilans sont rarement aussi longs. Il faut compter au moins une dizaine d'heures. Dans certains cas, le bilan fait alterner les entretiens individuels et les ateliers collectifs, toujours très riches, qui s’appuient sur la dynamique du groupe. Entre les séances, un travail personnel est requis, dont la durée est fonction de votre investissement personnel.

Cadrexport : Comment choisit-on un coach ou un organisme pour faire un bilan ?

O. Meyer : Ma vision des choses est que la personne qui cherche, sait ce qui lui convient. Pendant un bilan, comme pendant un coaching, c’est elle qui va trouver les solutions. C’est une compétence qu’elle ignore, mais qu’elle va révéler dans l’action, dans ce que j’appelle le processus. La recherche du coach ou de l’accompagnateur fait déjà partie de ce processus. Elle va donc interroger, questionner et chercher autour d'elle. Le bouche à oreille va fonctionner et elle va se former une idée instinctive de ce qu'elle aimerait. C'est ainsi qu'elle va avoir envie de faire ce travail avec telle ou telle personne. Il ne faut pas se focaliser sur les bons ou les mauvais consultants, ou sur un type de prestation. Le bon consultant, c’est celui qu’on a été capable de trouver, par soi-même. Cette phase de recherche, c’est déjà s'approprier son bilan.

Interview réalisée par Diane Pinelli - Septembre 2010

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Olivier Meyer est diplômé de l’ESC Lille, titulaire d’un master d’ethnométhodologie, et coach diplômé de l’université Paris 8. Il est formé au process work, technique de facilitation des conflits.
Il intervient en entreprise et auprès des particuliers, en tant que consultant en pratiques et stratégies professionnelles : bilan de compétences, coaching, facilitation des conflits.
Il anime des ateliers sur l’identité professionnelle, et sur la violence et les conflits au travail.
Il est également chargé de cours, à l’université Paris Descartes et au Collège Coopératif de Paris.
Olivier Meyer est membre de l’Association Française de l’Accompagnement Professionnel Personnalisé (AFAPP), et de l’Association Européenne de Coaching (AEC).

coaching.competences@gmail.com

 

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