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Nous avons répertorié toutes les questions possibles dans le cadre d'un entretien d'embauche et les avons classé en quatre groupes : les questions classiques, les questions surprenantes et les questions de bon sens ou sans solution.
Christophe Belud, consultant, coach et co-fondateur de la Coop RH, nous éclaire sur les deux premiers types de questions
Cadrexport.com : Que diriez-vous d'une question classiquement posée en entretien d'embauche, comme : « Comment acceptez-vous la hiérarchie ? » ?
Christophe Belud : C'est une question qui cherche à évaluer comment le candidat est susceptible de se comporter dans un cadre en rapport avec l'autorité ou avec l'organisation. C'est une question assez classique. Comme pour la plupart des questions, il est bon d’y avoir réfléchi avant et être clair sur ses éléments de réponse. C'est le cas également pour toutes les questions comme « Préférez-vous travailler en équipe ou seul ? ». Cette question revient souvent dans les entretiens, sous une forme ou une autre. Il vaut mieux s'y préparer, à plusieurs, si possible. L'un par exemple posant les questions tel le recruteur, un autre se mettant dans la position du candidat et éventuellement un troisième jouant un rôle d'observateur. Le rôle de l'observateur est de témoigner de ce qu'il a observé et noté. Ceci afin d’aider le futur candidat dans son analyse .
Cadrexport.com : Certaines questions sont un peu plus poussées : « Que faites-vous quand vous êtes en conflit avec un collègue de travail ? »
Christophe Belud : Ce type de question est relatif à nos préférences comportementales : à la façon dont nous préférons être dans le lien à l'autre, dans notre organisation de travail, la façon de prendre les décisions, d'aborder les situations... Il faut avoir un peu travaillé sur soi et sur sa personnalité. Il est possible de répondre : « Je n'aime pas les conflits. Je vais donc, dans cette situation, prendre les devants en mettant le conflit à jour au plus vite afin d'éviter que le problème s'amplifie ». Pour cela il faut savoir si l'on est à l'aise ou pas avec le conflit. Là encore, il est important d’avoir déjà évoqué ces questions et s'être préparé. Cela vaut vraiment la peine car ensuite on est beaucoup plus à l'aise... Il serait dommage de se retrouver déstabilisé par des questions aussi classiques...
Cadrexport.com : Il y a ensuite des questions d'un tout autre ordre : « Quelles sont les qualités qui vous manquent ? quels sont les défauts que vous n'avez pas ? » ou encore « Pourquoi voulez-vous quitter votre employeur ? ». Ce sont des questions classiques et récurrentes mais qui s'intéressent à ce que le candidat ne possède pas !
Christophe Belud : Elles font partie de ce que j'appelle des questions « en creux », c'est-à-dire des questions qui s'intéressent aux « manques ». Les questions en creux ne sont ni énergisantes, ni utiles, ni gratifiantes pour le candidat. Elles risquent de nuire à la spontanéité. Leur seul intérêt peut être de chercher à déstabiliser la personne. Je préfère les questions interrogeant directement le candidat sur qui il est et ce qu'il aime faire, c'est-à-dire sur ce qu'il a « en plus »... Il y a plusieurs façons d'essayer de tester la les gens mais je préfère de loin, les questions inattendues que nous verrons ensuite.
Cadrexport.com : Il est donc important que les candidats repèrent rapidement ce que sont les questions en creux...
Christophe Belud : Toutes les questions en creux sont repérables au fait qu'elles mettent en exergue un manque, ce qui n'est pas très agréable en entretien. Le candidat a intérêt à aiguiller l’entretien vers des zones plus confortables pour lui. Si le recruteur insiste et revient à sa question, ça aura toujours laissé au candidat un petit temps de pause et de réflexion. Comme nous l’avons déjà évoqué dans une précédente interview, il est toujours possible de « questionner la question ». ( « pourquoi me posez-vous cette question ? » par exemple). C‘est une bonne façon d’atténuer l'effet que la question peut avoir sur nous.
Cadrexport.com : Il y a ensuite les questions vraiment inattendues (et difficiles) du type « Si vous pouviez dîner avec un personnage historique, qui choisiriez-vous ? Pourquoi ? »
Christophe Belud : Nous sommes là dans un registre très intéressant. Surprenant certes mais intéressant. Dans cette question c’est surtout le pourquoi qui est intéressant. Le recruteur est en train de s'intéresser, non pas au personnage lui-même mais à la raison de ce choix et aux indications qu'elles vont lui donner sur le candidat. La situation imaginée est intéressante… et c'est la même chose pour les questions telles que « Si un réalisateur décidait de faire un film sur votre vie, qui verriez-vous pour jouer votre rôle ? Si vous pouviez être un super-héros, quels super-pouvoirs voudriez-vous ? Si vous étiez un personnage de la saga Star Wars, lequel serait-ce ? Pourquoi ? ». Il est question du lien que nous pouvons faire entre notre identité et un personnage ou une situation. Il est impossible de préparer toutes les questions de ce style (de nombreuses sont répertoriées sur Cadrexport.com) mais les candidats doivent en être informés afin qu'ils comprennent qu'ils peuvent être amenés à parler d'eux à travers un autre personnage, un film ... Il vaut mieux avoir pensé à cela auparavant, avoir imaginé avec quel type de personnage nous pouvons nous sentir en lien et pourquoi. A partir de là on peut s’y référer tranquillement, avec sincérité.
Cadrexport.com : Dans le même ordre d'idée, il y a cette jolie question, pas simple à traiter : « Si quelqu'un écrivait votre biographie, quel en serait le titre ? »
Christophe Belud : La question est jolie en effet, de même que la plupart de cette série. Il ne faut pas hésiter à demander un temps de réflexion : « La question est vraiment intéressante. Si vous le permettez, je souhaite prendre quelques secondes pour réfléchir ». Ceci sans manifester de gêne particulière. En cherchant à répondre vite, on risque de s’embrouiller un peu ou encore de proposer une réponse peu satisfaisante pour soi. D’ailleurs, en ce qui me concerne la réponse ne me vient pas immédiatement… je vais y réfléchir !
Cadrexport.com : Je m'interroge sur cette question : « Quel métier vouliez-vous faire quand vous aviez 10 ans ? ». Que va penser le recruteur si on a changé d'avis entre-temps ?
Christophe Belud : Ce n'est pas ce que le recruteur cherche à savoir à mon avis ! On ne cherche pas à savoir si vous êtes resté sur la même idée depuis votre enfance. C'est une question qui est davantage liée à l'identité. Il est question de découvrir qui vous êtes, ce qui est important pour vous en terme de références, d'images, de centres d'intérêts forts… C'est un peu la même chose pour d’autres questions du style : « Si vous aviez devant vous 6 mois sans aucune contrainte (financière ou autre), que feriez-vous ? » !
Cadrexport.com : En conclusion et quelle que soit la question, y a-t-il une attitude générale à tenir ?
Christophe Belud : Faire preuve de sérénité ! Ce qui est important c'est l'attitude qu'on adopte, ce qu'on laisse paraître de soi. Ce que je retiens de mes propres expériences est que l'attitude et le comportement du candidat sont souvent plus déterminants que le contenu de sa réponse. Je me souviens que lors d'un recrutement en groupe sur une journée, avec tests et entretiens, je devais me rendre sur place en train. Or la meilleure configuration pour moi me faisait prendre le risque d’arriver avec environ 10 mn de retard. J’étais obligé sinon, de partir la veille ou encore en pleine nuit pour être à l'heure. J’ai donc prévenu le recruteur en expliquant ma situation et mon choix. Je suis arrivé comme prévu avec 10 minutes de retard. Les tests de la matinée ont éliminés la moitié des candidats et lorsque les entretiens ont commencé l'après-midi, nous n'étions plus que 4 concurrents. Lorsque je me suis retrouvé en face des deux recruteurs, ils m’ont posé quelques questions et très vite, m’ont déclaré être prêt à me recruter avant même que les tests commencent. Simplement parce qu’ils avaient beaucoup apprécié la façon dont je m’y étais pris pour gérer ma venue et ma présence à cette session ... J’étais extrêmement surpris. Mon choix s’avérait un peu risqué (arriver en retard mais passer la journée dans les meilleures conditions) mais le fait de l’annoncer clairement et de l'avoir bien argumenté et assumé, a été déterminant.
Un deuxième exemple est celui d'une embauche qu’un candidat souhaitait, tout en étant lui-même déjà en poste. Il n'y avait donc ni pression ni enjeu : si ça ne marchait pas c’était décevant mais tout à fait viable. Le fait d'être à l'aise, décontracté, sûr de lui et bien centré a été déterminant.
En conclusion, être bien préparé et attentif au contexte dans lequel l'entretien va se dérouler sont souvent au moins aussi importants que les réponses fournies.
Interview réalisée par Diane Pinelli, le 25 novembre 2011
Pour consulter la liste des "questions en entretien d'embauche",
=> cliquez ici
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Cabinet COOP RH
Christophe BELUD est consultant et coach. Son parcours de plus de 20 ans dans l'univers de la presse et de la communication lui a permis de développer des compétences en management des hommes et des projets dans des contextes opérationnels à fortes résonances sociales et politiques.
Formé au Coaching dans le collège Coach & Team de Vincent Lenhardt, il co-fonde début 2008 la COOP RH à Bordeaux, Nantes et Paris. Praticien des techniques narratives et spécialiste des stratégies de coopération, il intervient dans des contextes très divers, notamment centrés sur les processus de développement des équipes et en accompagnement individualisé. Il intervient également dans différentes écoles de commerce et de communication.
La COOP RH est un cabinet spécialisé dans l'accompagnement RH, installé à Bordeaux ( + Nantes et Paris ) depuis 2008. Fondé sous la forme d'une SCOP (Société Coopérative) par Christophe BELUD, Pierre BLANC SAHNOUN et quelques autres, il abrite, en outre, depuis 2009, la Fabrique Narrative, un centre de formation ouvert à toutes celles et ceux qui exercent dans la relation d'aide à l'autre et aux équipes, en entreprise ou dans les organisations. Les interventions des membres de la COOP RH, tant en coaching individuel qu'en accompagnement d'équipes reposent sur la conviction que les personnes ont des savoirs et des compétences qui leur permettent de franchir avec réussite les nouvelles étapes, souvent compliquées, parfois difficiles, que leur propose leur vie professionnelle. L'accompagnement est principalement axé sur la mise en relation des personnes avec ces savoirs et ces compétences, à l'aide d'une approche collaborative et humaniste.
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