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Réduire le coût du travail : une solution miracle pour l’emploi ?

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Edito

Pour créer de nouveaux emplois, pour éviter les délocalisations, le Président de La République remet la question du coût du travail au cœur du débat économique français. La rédaction de Cadrexport a voulu faire le point sur cette question pour alimenter votre réflexion. Et ce n'est pas simple...

Entre autres mesures, Nicolas Sarkozy a annoncé sa volonté de basculer les charges sociales familiales vers une « fiscalité sociale » (la TVA dite sociale) afin de doper la compétitivité des entreprises.

Sur le raisonnement déjà, tous les spécialistes ne s'accordent pas. Le GFI (Groupe des Fédérations Industrielles), pour ce qui le concerne, « salue les mesures courageuses et pragmatiques annoncées par le Président de la République qui vont incontestablement dans le sens de l’amélioration de la compétitivité des entreprises industrielles, de la ré-industrialisation du pays, et donc de l’emploi par la croissance ». Mais à l'opposé, le directeur général de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), Pascal Lamy ne croit pas que le coût du travail explique le déficit de compétitivité par rapport à l'Allemagne, par exemple. « Le déficit de compétitivité de la France, par rapport à l'Allemagne, est davantage dû à un problème d'innovation et de qualité de son offre » a-t-il déclaré à ce sujet.

Première question : le coût du travail est-il trop important en France ?

Beaucoup s'accordent à reconnaître qu'en France, le niveau des cotisations sociales, très élevé par rapport aux autres pays de l'OCDE, pèse sur la compétitivité et sur l'emploi. C'est ce qu'indiquait déjà un un rapport* signé du patronat (Medef, CGPME, UPA) et de trois syndicats (CFDT, CFTC, CGC), en juin dernier : « La dégradation de la compétitivité salariale en France par rapport à la moyenne de la zone euro entre 2000 et 2010 » . Coe-Rexecode (Centre d'observation économique et de recherche pour l'expansion de l'économie et le développement des entreprises) estime de son côté*, que : « Le coût horaire du travail est désormais légèrement plus élevé dans l'industrie française (à 35,71 euros, contre 34,94 euros outre-Rhin). Sur ce point précis, la France a donc perdu son avantage compétitif qui prévalait au début des années 2000 ». Mais en fait, les économistes dans leur ensemble, peinent déjà à s'accorder sur ce qu'inclut le « coût du travail » et suivant que l'on intègre ou non les frais de recrutement, de cantine, les entreprises de moins de 10 salariés...etc ou non, le coût horaire du travail est plus... bas en France qu'en Allemagne !

Réponse à la première question : « oui peut-être mais de très peu »  et éventuellement « non, pas du tout, bien au contraire »...

De plus, l'annonce du Président se focalise sur le coût du travail avec l'Allemagne. Quid de cette mesure par rapport à des pays où ce coût est cinq ou dix fois moins cher que le nôtre ?

Deuxième question : réduire le coût du travail doperait-il la compétitivité des entreprises ?

Dans une étude publiée récemment par l'Institut de l'Entreprise sur la compétitivité* de l'Hexagone, d'autres faiblesses de la compétitivité française sont pointées : « Déclin de la productivité et inadéquation de l'offre par rapport à la demande pesant plus que le coût du travail ». Ce que Pascal Lamy expliquait déjà : " La différence entre la France et l'Allemagne n'est pas tellement liée au coût du travail. Les Allemands vendent dans le monde à peu près la même chose que les Français dans un certain nombre de cas, sauf qu'ils le vendent plus cher "et ce pour des raisons de "qualité" des produits allemands, un "investissement dans les réseaux de distribution", une "constance dans la relation commerciale" et un nombre beaucoup plus important de petites et moyennes entreprises présentes à l'export.

Réponse à la deuxième question : Pas sûr que cette réduction de coût du travail résolve nos soucis de compétitivité !

On ose difficilement poser la troisième question : « Que faut-il attendre de ces mesures sur la croissance de l'emploi et la fin des délocalisations ? »...  

Rendez-vous dans un prochain édito pour faire le point...

En attendant, nous continuerons à tout faire pour vous apporter les outils et l'accompagnement nécessaires à une recherche d'emploi fructueuse.

Peut-être qu'après 14 ans à se pencher sur le sujet de l'emploi, nous croyons moins aux miracles qu'aux efforts de chacun pour «se faire sa place » et à la volonté collective de s'entraider.

L'équipe de rédaction

 ---------------------

Pour consulter le rapport :  "Approche de la compétitivité française – CFDT /CGC/CFTC-
CGPME/MEDEF/UPA juin 2011"),

=> cliquez ici

Pour consulter l'étude  de Coe-Rexecode,

=> cliquez ici

Pour consulter l'étude "Pour un choc de compétitivité en France" de l'Institut de l'Entreprise,

=> cliquez ici





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