L’exportation des déchets plastiques réglementée

L’exécutif européen a annoncé mardi de nouvelles réglementations sur le transport des déchets plastiques, notamment une interdiction de certaines exportations vers les pays plus pauvres, qui entreront en vigueur le 1er janvier dans le cadre d’un plan d’action de l’UE.

 

Les modifications apportées au règlement de 2006 sur le transport des déchets de l’UE s’appliqueront aux exportations et importations de l’UE. Tous les types de marchandises entrant et sortant des 27 États membres de l’UE seront soumis à la “procédure de préavis et de consentement”.

 

De nouvelles règles d’exportation

À partir de l’année prochaine, les membres de l’union ne seront plus en mesure d’exporter des déchets plastiques non recyclables vers des pays qui ne sont pas membres de l’OCDE.

Dorénavant, ces déchets plastiques dangereux ne seront autorisés que sous certaines conditions fixées par l’importateur.

La règle intervient suite à une réponse lors de la conférence de 2019, qui a été acceptée par 187 pays. Il était notamment question d’ajouter des restrictions sur les plastiques par rapport au traité des Nations Unies de 1989.

Cet accord a été bien accueilli par les défenseurs de la santé publique qui attendaient un changement depuis de nombreuses années. Le comité a déclaré qu’en interdisant l’exportation de déchets plastiques difficiles à recycler en provenance de pays autres que l’OCDE, l’UE ne respectait pas la Convention de Bâle.

L’UE assume enfin ses responsabilités

Ces nouvelles réglementations montrent clairement que l’Union européenne assume ses responsabilités en matière de déchets générés. Il s’agit d’une étape importante dans la lutte contre la pollution plastique, la transition vers une économie circulaire et la réalisation des objectifs de l’accord vert européen.

Ces mesures interviennent alors que que la Chine a interdit l’importation de plastiques en 2018. Les écologistes ont d’ailleurs publié une déclaration expliquant que ces déchets se sont retrouvés dans d’autres pays asiatiques (comme la Malaisie).

Pour en revenir à l’UE : l‘année dernière elle a exporté 1,5 million de tonnes de déchets plastiques, principalement vers la Turquie et des pays asiatiques tels que la Malaisie et l’Indonésie.

 

La Malaisie en première ligne

Les déchets plastiques provenant des pays développés ont d’ailleurs exacerbés la crise environnementale en Malaisie. Lorsque les plastiques sont exportés d’un pays à un autre, ils emportent toutes sortes de produits chimiques dangereux qui étant mal stockés se retrouvent dans l’environnement. La combustion de ces déchets n’est pas non plus une solution, elle ne fait que produire d’autres substances chimiques à leur tour dangereuses.

Le déversement illégal des déchets plastiques a laissé une marque indélébile sur la Malaisie et d’autres pays d’Asie du Sud-Est.

En plus de la pandémie actuelle de Covid-19, les Malaisiens ont maintenant un autre ennemi invisible à combattre  et les contaminants chimiques sont susceptibles de se retrouver dans leur chaîne alimentaire.

Le plastique à usage unique dans le viseur

Les pays exportateurs de l’UE doivent assumer la responsabilité de leurs propres déchets et adopter des réglementations strictes pour réduire la production d’emballages en plastique à usage unique

Bien que les nouvelles règles de l’UE soient pensées pour empêcher les pays riches d’exploiter les pays pauvres, l’opinion publique continue d’exiger davantage d’efforts pour la lutte anti plastique.

Les militants anti-pollution ont d’ailleurs mis en garde contre les «fausses solutions» telles que la production de plastiques biodégradables. Ils mettent la pression pour supprimer tous les produits en plastique à usage unique et veulent promouvoir un «système de réutilisation stable» afin de mettre en place une économie circulaire.

 

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