En BTS Commerce international, la question du stage arrive souvent avant même les premiers cours de négociation. Beaucoup d’étudiants imaginent un départ obligatoire à l’étranger, alors que de nombreuses entreprises françaises gèrent chaque jour des flux d’import et d’export depuis leurs bureaux, leurs entrepôts ou leurs services logistiques.
Entre les exigences du référentiel, les attentes des établissements et les contraintes personnelles (budget, logement, situation familiale), le choix du lieu de stage mérite d’être bien compris. Un stage réalisé en France peut-il réellement valider la formation et apporter une expérience utile à l’international ?
Cadre export fait le point sur les règles du BTS CI, les possibilités de stage import-export en France et les conditions à connaître pour faire le bon choix.
Un stage en France, à condition d’intégrer une période à l’étranger
Oui, un étudiant en BTS Commerce International peut tout à fait effectuer un stage import-export en France. La formation prévoit une durée totale de stage de 14 à 16 semaines, réparties sur les deux années. Une seule contrainte encadre ce parcours : au moins 4 semaines consécutives doivent se dérouler à l’étranger, de préférence dans un pays non francophone. Le reste, soit 10 à 12 semaines selon la durée retenue, peut donc être réalisé dans une entreprise implantée sur le territoire national.
Ce cadre correspond aux débouchés visés par le diplôme. Le titulaire du BTS exerce le métier d’import-export, généralement au sein d’une société de négoce, d’une entreprise industrielle ou commerciale, ou d’un organisme de conseil et d’appui comme une chambre de commerce et d’industrie ou une collectivité territoriale. Ces structures, souvent basées en France, travaillent avec des fournisseurs et des clients étrangers, ce qui permet d’exercer des missions internationales sans quitter le pays.
Veille sur les marchés étrangers, prospection à l’achat et à la vente, élaboration d’offres, négociation, suivi administratif et commercial des opérations, coordination des services support et des prestataires extérieurs : l’ensemble de ces missions peut s’apprendre depuis un bureau français. Les enseignements du BTS y préparent directement, avec des modules consacrés au développement commercial à l’international, aux relations commerciales interculturelles et à la mise en œuvre des opérations import-export, complétés par l’environnement économique et juridique, la culture générale et deux langues vivantes obligatoires, une troisième restant facultative.
Des offres françaises qui ciblent explicitement les BTS
Le marché des stages confirme cette possibilité. Plusieurs entreprises françaises ouvrent des postes liés au commerce international aux étudiants de niveau Bac+2. À Paris 2e, la société BACCARIS propose un stage en administration des ventes et commerce international, avec du télétravail partiel, accessible aux étudiants en BTS, en licence ou en formation en commerce, négociation, relation client ou commerce international. Chez The Kooples, à Paris également, un stage d’assistant relation clients de 6 mois, à partir de janvier 2027, s’adresse aux profils de Bac+2 à Bac+5, dont les BTS Commerce International.
Le secteur industriel n’est pas en reste. À Toulon, Naval Group recrute un stagiaire acheteur chargé du chiffrage de pièces de rechange, rémunéré 1 150 euros par mois et ouvert aux niveaux Bac+2 et Bac+3, BTS compris. Ce type de mission, centré sur les achats, illustre le volet « import » du métier, souvent moins visible que la prospection commerciale.
L’alternance offre une autre voie pour pratiquer en France. Elle est possible dans le cadre d’un BTS Commerce International, en deux ans, ou d’un Bachelor commerce international, en trois ans, en associant enseignement théorique et pratique en entreprise, avec une rémunération pendant la formation. EURIDIS propose ainsi une alternance de business developer international pour une entreprise partenaire installée à Rousset, dans les Bouches-du-Rhône, avec télétravail partiel. À Aubervilliers, LYSANDE recrute un alternant en BTS comme assistant e-commerce et marketing digital, rémunéré à partir de 802,82 euros par mois, un poste plus éloigné du cœur de l’import-export mais lié aux métiers voisins du commerce.
Ces métiers connexes gagnent d’ailleurs en importance. Le marketing se développe grâce au digital, tandis que le transport et la logistique suscitent un intérêt croissant avec la mondialisation et la montée du e-commerce. Les métiers de l’import-export, eux, permettent de pratiquer à la fois les langues, le droit et la négociation. Pour les recruteurs, le stage en entreprise constitue un gage d’employabilité, quel que soit le pays où il se déroule.
Trouver son stage et convaincre un recruteur
Les centres de carrière des écoles ne proposent qu’une infime minorité des offres de stage disponibles, ce qui pousse les étudiants à élargir leurs recherches. Plusieurs plateformes se partagent le terrain. JobTeaser, spécialisée dans l’insertion des étudiants, couvre l’Europe et le reste du monde et propose des modules d’aide aux entretiens et à la construction du projet professionnel. Welcome to the Profusion répertorie surtout des entreprises françaises, avec quelques offres au Royaume-Uni, en Espagne et en Allemagne, un atout pour qui cherche à rester en France. CareerBuilder, de son côté, affiche des centaines d’offres dans le monde entier, tous domaines confondus.
Les réseaux sociaux jouent un rôle plus discret mais réel. Des groupes d’échange sur Facebook, Twitter et LinkedIn rassemblent des offres de stage en commerce international, et certaines entreprises ne publient que par ce canal, ce qui exige une grande réactivité. Des agences spécialisées proposent aussi des stages à l’étranger moyennant paiement ; leur prix peut toutefois être élevé et leur fiabilité variable, ce qui invite à la prudence pour la période obligatoire hors de France.
Côté candidature, le CV doit idéalement tenir sur une page et présenter les diplômes, les langues, les outils informatiques maîtrisés, les stages et les formations suivies, la rubrique centres d’intérêt restant facultative. La lettre de motivation, concise et directe, retrace le parcours, explique le choix de l’entreprise et met en avant les qualités du candidat. Les langues pèsent lourd dans la sélection : deux langues étrangères au minimum sont généralement exigées, l’anglais étant indispensable, tandis que l’espagnol, le mandarin, l’allemand et le portugais sont particulièrement recommandés. Des certifications comme le TOEIC pour l’anglais, ELITE pour l’espagnol ou VOLTAIRE pour le français peuvent renforcer un dossier.
Les recruteurs attendent enfin un profil précis : adaptabilité, aisance relationnelle, dynamisme et fibre commerciale, en plus de la maîtrise des technologies de l’information. Les entreprises ayant accueilli des stagiaires de BTS soulignent leur esprit d’initiative, leur capacité d’apprentissage rapide et leurs compétences commerciales. Les étudiants, eux, retiennent surtout leurs progrès en anglais et le développement de leur ouverture d’esprit, en particulier lors de la période passée à l’étranger, au Danemark, en Espagne, en République tchèque ou aux Émirats arabes unis. Combinant expérience française et immersion internationale, ce double parcours constitue un argument solide pour la suite, le métier impliquant des déplacements fréquents hors des frontières.
Stage en France : quelles règles et quelles entreprises ?
Avant le premier jour en entreprise, chaque période de stage du BTS Commerce International est encadrée par une convention tripartite signée par l’établissement de formation, l’organisme d’accueil et l’étudiant. Ce document fixe les dates, les horaires, les missions confiées et désigne deux référents : un tuteur dans l’entreprise et un enseignant dans l’établissement. La rémunération dépend surtout de la durée. Le Code de l’éducation impose une gratification « lorsque la durée du stage au sein d’un même organisme d’accueil est supérieure à deux mois consécutifs ou, au cours d’une même année scolaire ou universitaire, à deux mois, consécutifs ou non ». Son montant minimal correspond à 15 % du plafond horaire de la Sécurité sociale, soit 4,50 euros de l’heure en 2025. La durée d’un stage chez un même employeur ne peut par ailleurs dépasser six mois par année d’enseignement.
Un stage de 10 à 12 semaines effectué dans une seule entreprise française dépasse le seuil des deux mois et ouvre donc droit à une gratification obligatoire.
Un découpage en deux périodes plus courtes, réparties sur les deux années, peut en revanche rester sous ce seuil. Dans ce cas, l’entreprise n’est pas tenue de verser une gratification.
Le tissu économique français offre un vivier important de structures d’accueil. Les douanes françaises recensent plus de 140 000 entreprises exportatrices de biens, dont une large majorité de PME. Certaines catégories, pourtant moins connues des étudiants, recrutent régulièrement des stagiaires sur des missions directement liées au flux de marchandises :
- les commissionnaires en douane, chargés des déclarations et du dédouanement ;
- les transitaires et organisateurs de transport, présents autour des grands ports comme Le Havre ou Marseille-Fos, ainsi que des plateformes aéroportuaires ;
- les filiales françaises de groupes étrangers, où l’anglais sert souvent de langue de travail au quotidien ;
- les centrales d’achat de la grande distribution, tournées vers l’approvisionnement auprès de fournisseurs internationaux.
Gestion des Incoterms, préparation des documents de transport, calcul des droits de douane, suivi des encaissements à l’international : ces tâches techniques, rarement confiées aux stagiaires lors d’une courte période à l’étranger, s’exercent plus facilement dans une entreprise française où l’étudiant reste plusieurs mois. L’expérience acquise alimente ensuite les épreuves professionnelles du diplôme, qui s’appuient sur des situations vécues en entreprise. Le jury attend des cas concrets, chiffrés et documentés, s’appuyant sur des opérations réellement suivies par le candidat. Un stage français bien choisi constitue ainsi un terrain d’observation privilégié pour préparer l’examen.
Les banques et les assurances, des terrains de stage à examiner avec attention
Au-delà des structures habituellement sollicitées, les banques et les compagnies d’assurance figurent elles aussi parmi les organismes susceptibles d’accueillir un stagiaire. Ces secteurs élargissent ainsi l’éventail des possibilités offertes aux étudiants en quête d’une première expérience professionnelle.
Encore faut-il s’assurer de la nature exacte des tâches confiées. Les missions doivent porter réellement sur l’international, et non se limiter à la vente ou à la logistique nationale. La vérification du contenu du poste reste donc une étape essentielle, quel que soit l’établissement d’accueil.
Durée du stage, organisation de la période à l’étranger, modalités pratiques : ces paramètres ne sont pas uniformes et peuvent varier selon l’établissement de formation et le référentiel appliqué.
Clémence (Angers) « Chaque course en taxi me coûtait au moins 10 euros »
Installée à Dubaï en 2013 pour une mission de stage, j’ai vite constaté que mon budget mensuel fondait plus rapidement que prévu, en particulier lors des sorties nocturnes. Dans les immenses galeries marchandes, les tarifs affichés se rapprochaient de ceux que je connaissais en France, sans véritable économie à espérer. Le logement représentait néanmoins la dépense la plus lourde : même en partageant un appartement, les loyers restaient élevés. Avec une gratification modeste, j’aurais dû discuter dès la signature de la prise en charge de mon hébergement par l’entreprise d’accueil, une démarche que je recommande désormais à tous ceux qui partent.
Les déplacements pesaient eux aussi sur mes finances. Le taxi s’impose comme le mode de transport dominant, car le métro aérien ne relie que les quartiers majeurs, et chaque trajet me revenait à 10 euros au minimum. « Les candidats au départ sous-estiment presque systématiquement le coût de la mobilité urbaine aux Émirats », observe un conseiller d’un organisme spécialisé dans l’accompagnement à l’international. Côté recherche, les établissements hôteliers proposaient des places de stage plutôt faciles d’accès, mais une mission de prospection en import-export ne pouvait évidemment pas s’y dérouler.
En 2014, en retentant ma chance, le constat s’est durci. Le marché local privilégie clairement les profils confirmés, les postes juniors et les stages étant souvent confiés à une main-d’œuvre indienne ou philippine payée 3 000 AED au plus. Pétrole, gaz, hôtellerie, restauration, ces filières concentraient l’essentiel des ouvertures accessibles aux jeunes diplômés, les autres candidats faisant face à une recherche très difficile. « Les recruteurs émiriens achètent d’abord de l’expérience », résume un chargé de mission d’une chambre de commerce. Jugeant les démarches trop complexes, j’ai finalement réorienté mes candidatures vers la Thaïlande et la Malaisie.
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